Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
Ce qui devait arriver est, hélas, arrivé. Sans doute exaspérés d’être envahis sans vergogne, l’été, par quantité de joggeurs et autres VTTistes, les animaux de la forêt commencent à se révolter et à manifester leur mauvaise humeur. A force de voir leur pâturages piétinés, leurs fraises des bois pillées et leurs baies rouges dévastées, ils ont, en quelque sorte, créé un comité d’autodéfense, sans même attendre la médiation éventuelle de Brigitte Bardot. Les premiers signes de cette révolte ont eu pour cadre la forêt d’Anché, dans la Vienne. Cela s’est passé dimanche dernier et une personne âgée de 71 ans en garde une trace mémorable. Il a fallu, en effet, lui poser pas moins de cinquante points de suture pour « réparer » ses blessures au dos et aux jambes. On aurait pu croire cet incident isolé, imaginer même que la retraitée ait pu « provoquer » l’animal. Mais le chevreuil a récidivé hier, pratiquement au même endroit, en attaquant un joggeur qui n’a dû son salut qu’en frappant la bête à coups de pierre.
Désormais, l’affaire est prise au sérieux par les autorités et la tête du « chevreuil qui boîte » a été mise à prix. Plus exactement, le préfet a autorisé hier, par arrêté préfectoral, un lieutenant de louveterie à mettre tout en œuvre pour mettre l’animal hors d’état de nuire.
Reste que personne n’est vraiment à même d ‘expliquer cet accès d’agressivité de la part de ce petit ruminant dont les bois n’ont que deux cors. Mais deux cors qui font du « bruit », le soir, au fond des bois. Ce descendant de « Bambi » a peut-être été blessé par un chasseur et ne supporterait plus, dès lors, qu’on l’approche. A moins qu’il ne s’agisse des prémices d’une réelle révolution dans les comportements de la gent animale. Au même titre que la planète se réchauffe et que les climats se dégradent, la faune sauvage deviendrait plus hostile. De quoi redouter désormais la révolte des écureuils ou, pour rester dans la catégorie des bêtes à cornes, celle des… escargots ?