Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

Publicité

PRISONNIER

En décidant hier d’étendre l’offensive terrestre au Liban, le cabinet de sécurité israélien ne pratique pas l’escalade, comme on l’entend dire ici ou là. Il tire, hélas, les leçons de l’échec de ses raids aériens sur l’organisation terroriste qu’il combat. Avec dépit et, sûrement, une certaine souffrance. Une centaine de roquettes sont en effet encore tombées sur le nord d’Israël. Et chaque jour qui passe tend à démontrer que les capacités de nuisance du Hezbollah, grâce à ses sites mobiles de lancement, sont intactes. Enfin, pour « corser » le tout, Hassan Nasrallah, le chef de la milice chiite libanaise, a demandé hier aux habitant arabes de Haïfa de quitter la ville israélienne. Ce qui laisse entendre que le Hezbollah s’apprête à lancer des missiles longue portée sur la troisième ville de l’Etat hébreu. Et à poursuivre son harcèlement commencé le mois dernier par l’enlèvement de soldats de Tsahal.

En fait, Ehoud Olmert se retrouve devant un choix impossible. Soit il devient lui-même « prisonnier » de la stratégie du Hezbollah qui s’abrite derrière les civils pour susciter la compassion de la communauté internationale. Il accepte alors, comme son pire ennemi, un éventuel déploiement de l’armée libanaise dans le sud-Liban. Ce qui constituerait, pour la milice armée, une aubaine, une sorte de « paix des braves » sans les inconvénients. Chacun pourrait ainsi se retirer sur ses terres, « abrité » par un bouclier libanais, et, pourquoi pas, une bonne « résolution » des Nations-Unies, prêt à recommencer la guerre d’usure dans quelques années, voire dans quelques mois.

Soit le Premier ministre israélien accepte le « compromis » français qui lui laisse tout loisir de riposter aux attaques terroristes s’il est attaqué, mais lui impose d’abord de laisser le soin à une force d’interposition de protéger son pays. Eternellement… Il ne lui resterait plus alors qu’à prier pour que cette dernière réussisse là où la Finul a échoué depuis plus d’une vingtaine d’années et pour que l’Occident accepte de mobiliser « pour la vie » des milliers d’hommes aux portes du Liban.

Israël ne peut mettre ainsi en balance son existence. Et croire aux chimères comme aux bonnes paroles. En réalité, aucun accord ne pourra vraiment être pris au sérieux par les parties au conflit s’il n’implique pas la Syrie et l’Iran. Israël le sait, tout comme les Etats-Unis, l’Allemagne et le Liban le savent aussi. Or le silence de Damas et de Téhéran se fait, chaque jour, plus pesant. Il serait plus « diplomatique » aujourd’hui, pour la France, comme pour le Conseil de sécurité, de s’en… préoccuper.    

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article