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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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MAGIE

Jacques Chirac n’a jamais autant travaillé. Après avoir passé des vacances de « pénitent », en sandalettes et robe de bure, sur les hauteurs de Brégançon. Il est désormais partout à la fois. A New York comme à Paris, à Téhéran comme à l’Elysée. Sur le théâtre des opérations extérieures comme sur la scène intérieure. Sur tous les fronts. Devant Ahmadinejad et contre Sarkozy. Passant avec une facilité déconcertante du dossier nucléaire iranien à la carte scolaire. Voulant apaiser la tension et ramener chacun à la raison. Déminant le terrain là où d’autres « impatients » ne rêvent que de le faire « exploser ».

Mais comment fait donc ce Président pour disparaître ainsi tous les cinq ou sept ans et réapparaître comme par magie la veille des élections ? Pour distribuer bons points et avertissements, sanctions et absolutions. On l’entend désormais partout, sur les ondes d’Europe 1 comme à la tribune de l’ONU. Mais le fin du fin est surtout qu’il n’est nulle part et jamais où on l’attend.

A voir ainsi cet homme porteur d’aussi bonnes idées, de tant de messages de paix et de fraternité, se démener de tous les côtés de la planète sans ménager son temps, ni sa santé, on en viendrait presque à regretter qu’il n’ait pas été élu… plus tôt. Au début d’un de ces siècles où les jours de travail des derniers monarques se comptaient encore sur les doigts. Car Jacques Chirac est plus qu’un chef d’Etat, c’est une dynastie à lui tout seul qui enfile les années, depuis 1958, comme des perles à son cou et cohabite sans sourciller dans tous les palais de la République. Ne dédaignant ni Matignon, ni l’Elysée, ni ministères ou Mairie de Paris. Choisissant voitures et chauffeurs avec précaution. Portant un soin tout particulier à la nourriture de ses invités et à leurs distractions de par le monde.

Le chef de l’Etat français est à l’image de ces Arts Premiers que l’on enterre trop vite dans les musées alors qu’ils sont la source de tant de découvertes, « d’émerveillements » et de « dialogue des cultures ». Il suffit d’ailleurs de l’entendre en parler pour en être persuadé. Et Il n’est qu’à lire le dernier livre de Jean Montaldo pour s’en convaincre.

Jacques Chirac ne redécouvre la politique qu’à bon escient. A l’économie ! Quand elle est plus que sa vie et son sang. Quand elle est aussi son meilleur… alibi.

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