Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

Publicité

ABSENCES

On sait désormais, depuis hier, avec une quasi certitude, que tous ceux qui ont « manipulé » l’amiante, avant même son interdiction totale en 1997, sont ou seront condamnés. Moralement, pénalement ou… physiquement. La mise en examen hier de trois ex-directeurs de l’usine Ferodo de Condé-sur-Noireau vient, en effet, confirmer de fait les soupçons de « négligence coupable » de la part de dirigeants n’ayant pas tout mis en œuvre pour protéger leurs salariés. Mais, une fois de plus, comme dans l’affaire du sang contaminé, il y a lieu de s’interroger sur « certaines » absences.

Il n’est ainsi fait aucune mention des médecins du  travail salariés de l’usine en question. Peu importe d’ailleurs qu’ils aient agi dans le cadre d’un service médical autonome ou dans celui d’un service médical interentreprises. Les deux magistrats parisiens du pôle de santé publique, Marie-Odile Bertella-Geffroy et Didier Peltier, n’ont, pour l’heure, pas jugé utile de les interroger, ce qui est pour le moins surprenant après dix ans de procédure. A la décharge des juges, on doit cependant noter qu’ils n’ont « hérité » du dossier que depuis un an. Mais, à notre connaissance, le tribunal de Caen n’avait pas non plus brillé par sa sagacité en ce domaine. Ce qui pose, là encore, une autre question, sur l’incompétence, la négligence, voire la malveillance, en toute impunité, de certains serviteurs de la République sensés rendre le Droit et, surtout, le défendre.

Autres absents de « marque » dans ce dossier, les membres du CHSCT de cette usine depuis 1977, date des premières mesures restrictives sur l’amiante. Les Comités d’Hygiène et de Sécurité, nés en 1947, sont en effet obligatoirement constitués dans tous les établissements occupant au moins 50 salariés. Ce qui était le cas chez Ferodo qui employait, dans les années 1970, près de… 2800 personnes. Or le rôle de ces CHSCT est justement de veiller au respect des prescriptions légales et réglementaires en matière de santé. Par ailleurs, ils ont tout loisir d’analyser les risques professionnels, de faire appel à des experts, d’effectuer des enquêtes et ils disposent d’un droit d’alerte.

Dès lors, il semble nécessaire, pour le moins, de vérifier sur les rapports annuels de cette « institution » si des mesures de protection contre l’amiante ont été mises en place, au fur et à mesure de la connaissance de sa dangerosité. Et si les représentants des salariés ont, en l’espèce, joué leur rôle, tout leur rôle, dans cette affaire.

Sauf à devoir, hélas, déplorer que le scandale de l’amiante aurait vraiment tout contaminé, la santé, la justice et les… rapports sociaux.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
alut,Je découvre ton site aujourd'hui. Je reviendrai, c'est sûr.:)
Répondre