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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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SUPER-SEGO

« La femme est l’unique vase qui nous reste encore où verser notre idéalité » disait Goethe. C’est à croire que les nouveaux militants du PS l’ont relu ces dernières semaines. Car le sondage du « Journal du Dimanche », ce matin, est d’une étonnante simplicité. Ségolène Royal a été choisie majoritairement (37%) parce qu’elle était une femme. Et pas vraiment parce qu’elle incarnait le « renouveau de la gauche » (21%). On s’en doutait un peu tant les maladresses et énormités de la donzelle ne lui ont fait perdre aucune once de popularité. Pire même, elles l’ont renforcée, plaçant ses contradicteurs dans la posture d’éternels machos et de sempiternels grognons. Ses contradictions sont apparues comme autant d’erreurs de « jeunesse », ce qui est un comble pour quelqu’un qui n’a usé ses fonds de culotte que sur les bancs de l’école et du parti, depuis plus de 30 ans. Et ce qui est le comble de la « nouveauté » quand on se rappelle qu’elle a aussi participé à plusieurs gouvernements, de l’Environnement à la Famille, en passant par l’Enseignement scolaire sans y prêcher tous ses « désirs d’avenir ».

Qu’importe ! Le peuple socialiste est souverain et se cherchait une reine.Nicolas Sarkozy devra s’en souvenir, lui qui ne porte ni culotte, ni dentelle, s’il veut encore conserver une chance pour la Présidentielle. Il ne pourra user ni de coups bas, ni de misogynie. Car la plèbe rêve et rêvera toujours d’une Jeanne d’Arc échevelée, livide au milieu des tempêtes, d’une « Super-Ségo » qui distribue caresses et punitions aux élus bien élevés et méprise les autres par son silence. La « France d’en bas », dont parlait Raffarin, s’est imaginé depuis « toujours » derrière son corsage blanc et son étiquette de femme libre aux quatre enfants. Il se voit derrière cette « paysanne » au profil de Madone, « Sénégalaise » selon le droit du sol, qui foulait, hier encore, « son » fief de Melle d’un pas alerte, entre hôtel et restaurant. Le « Chabichou » n’a qu’à bien se tenir. Et les opportunistes aussi. Mais, attention, la députée des Deux-Sèvres n’est pas née de la dernière pluie. Et le caractère de la femme, sans exception, écrivait Lope de Vega, « se meut sur deux pôles, qui sont l’amour et la vengeance ».

Michèle Alliot-Marie rêve d’un égal destin. Mais elle n’a, de son côté, pas encore compris qu’il lui fallait tomber la veste, quitter les cols militaires boutonnés jusqu’au dernier degré et abandonner définitivement ce pantalon qui lui cache les talons. Certes, personne ne la fera taire, mais, à procéder de cette manière, nul ne l’écoutera vraiment non plus. Il lui manque cette étiquette que décrivait fort bien Jules Michelet dans « Le Peuple » en écrivant que. « la femme dans les ménages pauvres, c’est l’économie, l’ordre, la providence ». Ce que traduit fort bien Marie-Ségolène et fort peu… Alliot-Marie.

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