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Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité

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CONTREFACON

« Amis pour la vie »… En posant ainsi, jeudi dernier, sur le balcon de la fédération socialiste de Charente, à la Rochelle, on se demande bien quelle image ont voulu donner les prétendants socialistes ? Car nul ne peut croire vraiment à cette fraternité délicate et affichée, à ces sourires de façade, à cette main sur l’épaule négligemment posée… Trois anciens ministres pour la même ambition. Il ne manquait plus sur la photo que l’ex-Premier d’entre eux, Laurent Fabius, pour figurer cette belle brochette de « Présidents » à l’affiche du menu de l’université d’été. Quatre spécimens de premier choix en guise de poisson dans l’assiette. Mais pas du menu fretin, rien que du requin certifié Atlantique et contemporain.

Chacun d’entre eux se voit très à l’aise dans le costume de l’Elysée, au milieu des ors de la République et des coussins de l’Empire. Ni trop au large, ni étriqué. Ce qui prouve bien que, avec le temps et l’usure des institutions, la fonction a largement perdu de sa superbe. Car enfin, quelle est la personnalité qui, parmi celles auto-désignées ici même, a « révolutionné » la façon de penser de l’opposition. Quelle idée vraiment nouvelle a été apportée au fil des défilés et manifestations ? Quelle générosité s’est dessinée au cours des derniers mois et des dernières semaines ? Quel projet se profile à l’horizon des nouvelles générations ?

Ce sera fort justement le sujet de La Rochelle. Mais il flotte ici comme un parfum de petites trahisons, de chausse-trappes entre amis, pour l’éclosion d’un vrai programme de rassemblement. Bien sûr, chacun se veut du bien, mais évite surtout d’en dire. On ne se veut pas de mal, mais on ne peut tout exiger des autres. On chuchote dans tous les salons, mais uniquement pour ne pas troubler le débat. Car, en démocratie de l’audimat et du sondage star’Ac, c’est toujours le dernier qui parle qui a raison. Bref, les états-majors se toisent et s’entrecroisent, se constituent et s’entretuent. Chacun complote à sa façon et s’évite sans contrefaçon.

Jadis, Le PS était affaire de courants. Aujourd’hui, il est submergé par des vagues de fonds. Et quand, ce soir, le dernier café de la Marine aura fermé, à l’heure où l’on cherche vainement dans le port quelques vestiges sous-marins, la ville résonnera encore de Lionel Jospin et de sa dernière contribution. Sans savoir, pour autant, qui aura décroché… le pompon.

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