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  • : Jean-Paul Busnel, journaliste et éditorialiste, aujourd'hui intervenant-professeur auprès de grandes écoles, notamment SciencesCom, Centrale, Audencia, EAC, et par ailleurs consultant/expert pour les entreprises, porte un oeil critique sur l'actualité
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sas_titre-1.jpg- Tout Etat libre où les grandes crises n'ont pas été prévues est à chaque orage  en danger de périr.

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Jean-Jacques ROUSSEAU

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 18:19

Il y a quand même quelque indécence à qualifier « d’incident » de marché une perte de 600 millions d’euros en cette période de crise. Certes, on comprend bien l’intention de la Caisse d’Epargne. On sent bien qu’elle veut à la fois rassurer et minimiser, rassurer ses clients et minimiser l’aléa au regard de son niveau de fonds propres de plus de 20 milliards d’euros. On voit bien aussi qu’elle veut se différencier de récentes pratiques concurrentes et concurrentielles. Mais l’on ne peut également s’empêcher de penser qu’elle cherche à « dissimuler » une incontestable faute professionnelle. En jouant sur les mots. Ce qui, désormais, ne trompe plus personne. Car, à force d’avaler des « couleuvres, le Français s’en laisse de moins en moins conter.

Etonnant, finalement, cette pratique bancaire qui, dans un cas, désigne un bouc émissaire et, dans l’autre, veut faire passer une « faillite » pour une broutille. Ce qui, dans l’un et l’autre des cas, démontre par l’absurde que l’établissement est soit mal dirigé, soit mal géré, et assurément mal contrôlé. Quant à la communication, elle est soit déficiente – aucune information sur le portail du site internet – soit indigente puisque le communiqué ne comporte aucune excuse. Alors que les 600 millions d’euros « manqueront » sûrement quelque part, que ce soit dans la poche des clients, dans celle des actionnaires ou dans celle des… salariés.

Aujourd’hui, la technique du « jargon professionnel », qui n’appelle plus un chat un chat,  ne fonctionne plus auprès du grand public. Elle énerve plus qu’elle ne convainc. Elle suscite l’indignation plus que la confiance. Il est vrai que, depuis une quinzaine d’années, la société française a multiplié les dérives de tous ordres, tant dans le domaine professionnel que social. Mais s’il n’est pas trop grave de ne plus parler de balayeurs, mais de techniciens de surface, il en est tout autrement de l’hypocrisie qui consiste à évoquer un « plan de sauvegarde de l’emploi » quand on procède à des licenciements. A chiffrer encore la croissance alors que l’on nage déjà en pleine récession sans même l'avouer.

Certes, le langage de « vérité » fait peur. Mais à vouloir inverser l’effet-miroir, plus personne ne croit plus personne et la société se fige dans l’ignorance, l’incompréhension et la violence. Bref, elle perd toute ses... valeurs.

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Published by La crise n'est pas une fatalité
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